4 juillet 1917

 

“Lafayette, nous voilà!”


Discours prononcé par le colonel Stanton au nom et en la présence du Général Pershing au cimetière de Picpus sur la tombe de la Fayette le 4 Juillet 1917

Traduction de l’équipe APLV


Le Colonel Stanton a prononcé le discours suivant (son manuscrit ayant été lu et approuvé par le Général Pershing quelques jours auparavant):
Je regrette de ne pouvoir m’adresser au bon peuple de France dans la belle langue de son beau pays.
Nul ne peut oublier que votre nation a été notre ami quand l’Amérique luttait pour exister, quand une poignée de gens courageux et patriotiques s’acharnaient à défendre les droits que leur Créateur leur avait donnés ;  que la France, en la personne de La Fayette, est venue à notre aide en paroles et en actes.  Ne pas s’en souvenir serait un manque de reconnaissance, et l’Amérique ne manque à aucune obligation.
Nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire de la naissance de la nation Américaine, la naissance d’un peuple dont la déclaration des droits affirme que « tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la quête du bonheur. »  Cette fête est célébrée chez nous avec liesse et gratitude, avec des feux de joie et des illuminations, car nous savons que depuis notre arrivée dans la galaxie des nations nous remplissons notre devoir en bons citoyens, dans le respect de Dieu et de la loi.  
Nous sommes un peuple peu enclin à la colère mais intransigeant quant au respect de nos droits et de notre honneur national.
Nous saluons haut et fort la patience, la tolérance et le patriotisme du Président Wilson, qui a essayé par tous les moyens honorables d’éviter ce confit, car il a compris les effets redoutables d’une déclaration de guerre et la souffrance inévitable qui en résulterait.  Le représentant arrogant et tyrannique d’une autocratie prussienne a violé chaque loi de la civilisation.  Il a méprisé comme un chiffon de papier le traité solennel de Genève que son pays avait pourtant signé.  Pendant que le monde dormait, bercé par une illusion de sécurité, il s’est délibérément mobilisé et a déclaré la guerre contre les puissances alliés.
Les Etats Unis protestaient régulièrement contre ses actions arbitraires et recevaient promesse sur promesse qu’il respecterait le règlement de la guerre, mais chaque promesse a été rompue, chaque accord a été violé.  Enfin la patience a cessé d’être une vertu.  Notre Président, à bout d’endurance et pleinement conscient de la responsabilité qui lui incombait, a déclaré qu’il existait un état de guerre avec le gouvernement  allemand.
Cette déclaration a été faite au nom de plus de cent millions d’hommes et de femmes libres.
Immédiatement un débat a eu lieu au Congrès pour déterminer la meilleure méthode pour recruter une armée digne de servir notre honneur national.
Un recensement a été fait des hommes entre 21 et 31 ans  qui pouvaient être disponibles, tout en  laissant un nombre suffisant de bras pour cultiver la terre, faire tourner nos industries à plein régime , maintenir l’ordre public et l’économie dans des conditions normales.
C’est tout à l’honneur de la jeunesse américaine que plus de dix millions se soient portés volontaires pour la patrie.  C’est ainsi que nous sommes parmi vous aujourd’hui, une poignée d’hommes venus en éclaireurs pour ceux qui vont suivre.
Nous avons juré loyauté et totale obéissance au Général Pershing, notre Commandant en Chef distingué. Sous son commandement chaque homme exécutera les tâches attribuées, afin que dès leur arrivée les troupes américaines, complètement équipées, puissent prendre place aux côtés de ces valeureux alliés qui ont supporté le fardeau pendant trois années terribles.
L’Histoire honorera l’action héroïque des hommes de France et cette terre abreuvée de leur sang sera pour toujours la patrie d’un peuple libre.  Jamais ne seront oubliés la fidélité, le courage, la loyauté des femmes de France.  Sans se plaindre elles ont porté en elles les fils de la nation et les lui ont donnés avec un courage sans faille.
Certaines sont ici, leurs habits de deuil montrent la perte d’êtres qui leur étaient chers.  En leur présence, nous devrions sentir nos cœurs battre plus vite et nos bras prendre de la force, en leur déclarant que leurs sacrifices n’étaient pas vains et que, plus jamais, elles ne seront appelées à endurer de telles souffrances.
Un jour viendra où un nouveau génie de votre beau pays composera un hymne qui unira les cadences émouvantes de la Marseillaise à la chaleur inspirante de la Star Spangled Banner.  Cet Hosanna sur la mode militaire sera acclamé avec joie par un peuple épris de liberté ; s’élèvera alors une mélodie à résonance funeste aux oreilles des tyrans, mais apaisante comme la berceuse d’une mère pour un peuple qui chérit l’honneur pour lui-même et sa postérité.
L’Amérique a uni ses forces aux puissances alliées, notre sang et nos richesses sont à vous.  C’est donc avec fierté et amour que nous déployons nos couleurs en hommage à ce citoyen de votre grande République.  Ici et maintenant, à l’ombre des morts glorieux, nous engageons notre cœur et notre honneur pour porter cette guerre à une issue victorieuse.
La Fayette, nous sommes là!


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